
C’est la pierre n°2, elle représente l’avancée du projet, une idée qui se précise.
C’est la sorcière. Une femme, instruite. Elle fait peur alors on l’enlaidit dans les histoires, on la tue aussi.
On la vieillit, d’une vieillesse forcément hideuse puisque féminine. Elle n’a commis aucune faute, si ce n’est celle d’être attentive. D’avoir écouté, lu, appris, transmis, soigné peut-être. D’avoir questionné, sa place et celle des autres femmes. Son savoir inspire la peur, voire la haine. On l’admire parce qu’on ne peut s’en passer, on la hait pour la même raison.
On l’appelle à l’aide quand on a besoin d’elle car elle possède de nombreux savoirs, comme celui de guérir.
Mais l’on se retourne contre elle, à la moindre occasion, car son savoir est fardeau, elle fait peur, on va la consulter et pour cela on se déteste. C’est son savoir, sa connaissance, qui la tuent. On préfère anéantir ce que l’on ne comprend pas. La différence fait peur.
Elle s’isole, pour se protéger. Ses connaissances sont un don et un poids. Les transmettre, c’est transmettre un fardeau.
Toute femme qui possède des connaissances qui la poussent à remettre en question sa place dans le monde, à vouloir briser ses chaînes, à pousser jusqu’à l’épuisement ces murs qui se rapprochent et l’étouffent, la cantonnent dans un rôle défini, étriqué, dont elle ne veut plus, est une sorcière.
Et ceci devrait être source de liberté et de fierté. Les femmes doivent se réapproprier le rôle de la sorcière, de la guérisseuse, de celle qui sait, soigne, transmet. La sorcière n’est pas hideuse, elle est beauté et liberté. Une beauté sauvage qui a brisé ses chaînes.
Ici représentée par la chouette, symbole de la connaissance et de la sagesse.

46°17’42.7″N 4°43’22.0″E
46.295194, 4.722778
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